Deux ailes, deux yeux. Formule Air 

Chers pratiquants d’ailes et de voilure fixe qui me réclamez souvent des articles sur votre discipline, fpvistes de tous poils, sachez que le FPV semble s’épanouir et se dévoiler sous bien des formes. Bien que les racers représentent la majeure partie du fpv racing, il semble que le vol en immersion de compétition se tourne lentement vers les ailes volantes, vectrices de nouvelles émotions.

Plus rapides, avec une autonomie sans communes mesures avec un multi et des sensations qui rappellent le pilotage d’une moto, les ailes volantes commencent à éveiller l’intérêt des pilotes de racers. Sans parler de ceux qui n’ont jamais abandonné la pratique de la voilure fixe. Je pense notamment à Antoine d’Aérotek qui n’est jamais très loin de son aile.

Un beau spectacle et de belles réalisations perso

Une réalisation de Pierre D

Les dernières réalisations en carbone sont magnifiques. Comme en témoignent les images. Et si le FPV s’immisce peu à peu dans l’inconscient collectif, il faut avouer que pour le grand public les ailes volantes sont plus belles à voir évoluer. Elles sont surtout plus faciles à observer car plus grandes et un peu moins dangereuses que les racers.

C’est effectivement un beau spectacle que de voir évoluer ces ailes delta. Telles des figures géométriques vivantes, des vecteurs aériens de poésie et de grâce ( Hou la la… Je deviens zun poète ! ). Leurs circonvolutions prennent un autre sens lorsque qu’après les avoir observées dans le ciel, on s’attarde sur la vue pilote.

L’aile volante, je l’ai faite pour les 50 ans d’un copain qui fait du drone et de l’ULM en région parisienne.  A ce jour, elle est chez lui à la Ferté Gaucher (77). Mon expérience vient du racer, je faisais beaucoup de pylon racing et surtout j’avais développé un modèle de club 20 tout carbone ( racer à moteur thermique) qui marchait plutôt bien (2ème en championnat de France), vers 2010. Ce type de racer vole en croisière à 240 km/h.

En parallèle, je fais du planeur en catégorie F3f , c’est de la vitesse en vol de pente : tu as 30 sec de prise d’altitude puis tu dois faire 5 aller/retours chronométrés entre des bases espacées de 100 m. Les planeurs sont des merveilles au top de ce qu’on peut trouver en performances et en qualité de vol. A ce jour, bien qu’ayant encore deux Wildstreams en parfait état de marche, je ne fais plus de compétition racer. Que du planeur ( coupe de France et quelques Eurotours en France ou Espagne ). Je fais de l’aéromodélisme depuis les années 2000 mais avant ça je faisais beaucoup de voiture RC. Et aussi des avions qui n’ont jamais eu le plaisir de voler.

Looping tranquilles, vrilles douces, virages larges et sereins… Les ailes procurent un plaisir à la fois proche et différent du fpv racing. Mais qu’en est-il du pilotage ?

Je ne peux parler que de ce que je connais pas. Je vous propose donc le témoignage de pilotes qui connaissent les deux disciplines.

 L’esprit du combat

Commençons avec Antoine qui est un amoureux des ailes. Pour lui, elles sont plus proches de l’essence du modélisme. Mais si on y regarde bien, la démarche est la même pour toutes les disciplines : l’autoformation. Je retranscris ici ses propos :

L’aile volante est bien plus accessible que le multirotors. Pour le tiers de la somme, vous êtes équipé. Et si vous finissez au tas, vous sortez le spray de colle ou le Scotch ( Apero-tek ? ) et vous redecollez. Mais surtout l’esprit n’est pas le même. Les contacts et les combats sont autorisés.

Il est vrai qu’en multirotor, le contact est synonyme de fin de session.

Des différences de niveaux, de prix et de performances moins perceptibles

Comme le dit Antoine, les différences de niveaux entre les pilotes sont bien moins flagrantes qu’en multirotors. De même, les configurations les plus musclées seront assez peu éloignées des configurations moins puissantes. La course à l’armement est donc moins évidente et ça fait du bien au porte monnaie !

Les courses en aile volante

Jusqu’à aujourd’hui, très peu de gates ont été franchies par des ailes, que ce soit à vue ou en fpv. Une course d’ailes se passe d’ailleurs différemment d’une compétition de FPV Racing : on dispose deux pylones pour délimiter une zone et une hauteur de vol. Les concurrents volent dans un 8 et peuvent donc se télescoper. C’est bon ça ! Le Pylon Racing se pratique avec des avions dédiés mais aussi en ailes volantes, voir la vidéo plus bas.

Il y a peu, j’étais à la fête d’un club d’aéro dont les concepteurs de la Yupif4 font partie. J’y ai vu des ailes mais aussi des avions magnifiques. C’est un plaisir différent que de voir ces engins évoluer à vue. Et il est toujours possible de les équiper en FPV.

Entre FPV Racing et aile volante : Airborn concept :

Je les avais déjà croisés à Eurosatory, le salon de l’armement. J’ai immédiatement remarqué cet engin hybride et ses moteurs inclinables. 150 km/h, 15 minutes de temps de vol et une maniabilité hors du commun, le défi entre ce proto et un pilote de FPV Racing de la région de Toulouse est lancé ! J’ai trouvé un candidat mais je ne lui ai encore rien dit. Je sais qu’il lit mes bafouilles et il se reconnaitra ( S.S ) !  J’ai à nouveau rencontré Airborn Concept au salon Viva Tech et je vais suivre l’affaire de près, croyez moi. Un système FPV sera ajouté certainement.

Plus de différences que de points communs ?

Les pratiquants de drone ont parfois tendance à rester entre eux. J’en fais partie et je l’avoue, c’est mon cas. Mais je suis allé voler avec des pratiquants d’avions et d’ailes et je reste ouvert à tout. Je suis particulièrement sensible au vol à vue et la possibilité de convertir une voilure fixe en fpv me réjouit. C’est pourquoi une aile fpv de 50 cm d’envergure est en préparation pour mon initiation. A base de 1104, combo VTX caméra et esc 10 A, c’est notre expert Stéphane qui la prépare ( c’est bientôt prêt Stéphane ?? ).

Si le pilotage est différent entre un racer et une aile fpv, bien des pilotes pratiquent les deux. Et puis ce n’est pas comme si vous preniez les airs pour la première fois… Lors des Drone National, une compétition d’ailes eut d’ailleurs lieu :

La finale de drones nationals :

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