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Faire son propre racer : quand la théorie rencontre la pratique


Sylvain Nouveau est un ancien. Un vénérable pilote exilé au Canada. Après avoir longtemps volé sur Moka, il a décidé de créer son propre châssis. Comme lui, beaucoup de gens sautent le pas et se lancent dans la conception d’une machine sur mesure. Nous allons bientôt vous présenter le travail de Sylvain mais je voulais auparavant aborder avec vous ce sujet :

Est ce facile de créer un châssis ?

Longtemps, ce fut réservé aux professionnels ou aux pilotes autodidactes possédant le matériel nécessaire. Puis les outils de CAO se sont ouverts au grand public, les tutoriels ont permis à tous d’envisager la création de la machine correspondant à des besoins spécifiques. Afin de concevoir

1-  la machine de vos rêves : l’idée

Bien des gens ont des idées neuves, des innovations en têtes ou simplement l’envie de pouvoir dire : ” c’est moi qui l’ai fait ! “. Il faut tout de même avoir un minimum réfléchi à la question. Voulez vous rester parfaitement classique, proposer un design unique ou carrément innover ?

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Shrieker

En réalité, plusieurs écoles sont possibles :

  1. Créer une machine simple et efficace, avec un design particulier comme le Shrieker 
  2. Proposer une innovation, une avancée, une nouvelle idée comme le Liberty Ducked
  3. Liberty Ducked

    Partir dans un délire créatif, uniquement destiné à se faire plaisir, se lâcher sans vergogne
  4. Rester strictement classique, efficace et sans fioritures. Comme le zmr
  5. Refondre le concept du quadri,  comme le kylin 250
  6. Intégrer une canopy comme le Phoenix DRC
    Afficher l'image d'origine

    kylin 250

  7. Aller au plus efficace en termes de poids et de comportement de vol comme le Punish’air.

Je schématise, certes, mais suis-je si loin de la réalité ? Il n’y a pas trente six choix possibles bien qu’il y ait en revanche la KIT Punish'Air ARTF - Mozilla Firefox_2016-09-07_15-21-22possibilité de mélanger ces catégories.

pratique versus théorie

(90) DRC - Mozilla Firefox_2016-09-07_15-50-29

Phoenix DRC

J’avais depuis très longtemps envie de créer  un châssis : opter pour le simple et efficace avec une innovation qui,  je l’espère, fera ne serait-ce qu’un peu avancer les choses. Ne disposant que des idées, j’ai recruté mon compère Zuma et Thierry de Polaris dont j’apprécie le travail. Il faut savoir s’entourer, c’est une compétence en soi.

(90) DRC - Mozilla Firefox_2016-09-07_15-50-512- la Conception

J’ai rapidement compris qu’avoir une idée est le moins difficile. Une fois couchée sur le papier, les premières difficultés arrivent très vite. Ce qu’on a imaginé n’est pas forcément réalisable et n’est plus aussi évident lorsqu’il faut dessiner les plans ou utiliser les logiciels de CAO. Sans parler du fait que ces logiciels ont beau se démocratiser, ils ne sont pas maîtrisables en 10 minutes !

De Solidwork a Blender en passant par les softs servant à piloter les CNC ( voyez cette page ), le chemin n’est pas de tout repos et généralement les concepteurs travaillent dans ces domaines professionnellement. Le concepteur du magnifique Phoenix a suivi des formations dans le cadre de son travail. Nous reviendrons ultérieurement sur sa machine verte.

De ça :

A ça :

Pretty close to the sketch, eh? The cutouts in the arms are just for one of the arm layers.

Le Tweaker 180

Pour nous aussi, le chemin fut difficile et nous avons connu nos moments de doutes. Mais nous avions confiance en notre projet, le concept était simple, basé sur une modification bénigne mais qui engendre de gros changements, je le souhaite en tout cas. Et c’est Zuma qui s’est coltiné les heures devant le pc et Thierry qui gère la découpe. Moi j’ai fait genre : ” tu vois, tu fais comme ceci, comme cela. Et tu te dépêches !”.

Nous avons soumis notre innovation à un cercle de personnes très restreint. L’accueil de notre système particulier à été positif,  vous pourrez d’ailleurs en juger vous mêmes assez rapidement. Si vous comptez vous aussi créer un châssis de A à Z, je vous conseille de profiter de l’expérience des autres concepteurs.

Toujours des choses à revoir

Dès les premières itérations, la réalité est venue toquer à la porte de nos ambitions. Heureusement, nous avons réussi à mettre le concept en forme et actuellement le prototype est à la découpe chez Polaris. Leurs conseils furent les bienvenus car ils ont du métier et ont pointé certains défauts que nous n ‘avions pas soupçonnés. Il faut voir qu’ ils ont concu et découpé plusieurs modèles.

Sans hzlices logoJ’ai tenu à ce que le châssis soit estampillé fpv passion, afin de prouver que le concept est viable et utiliser le vecteur de communication au mieux. Et pour que les gens sachent que le Bones est le fruit de mes nombreux tests de machines, des rencontres avec des concepteurs talentueux, de la compétence d’autres personnes… Mais encore une fois, entre la pratique et la théorie, il y a un fossé puisque le logo fpv passion ne se mariait esthétiquement pas avec le style du Bones. Pour le prototype, je vais donc faire simple.

Par contre, si vous voulez que votre produit sorte du lot comme ce fut le cas du firebolt avec son carbone gris, je vous conseille de taper fort. J’ai opté pour des bras gravés et un carbone rouge. Le nom du racer sera incrusté dans deux des quatre bras.

3- la Réalisation

Cette partie mérite un chapitre à elle seule et je vous renvoie sur l’excellent produit : la CNC Fakir. Elle vous permettra de réaliser votre projet personnel mais elle n’est pas conçue pour la découpe en série.

Elle gère le carbone jusqu’à 4 voir 5 mm,  en multi passes. C’est à dire en plusieurs passages.

Pour conclure,  je dirai qu’avec l’aide des bonnes personnes, une ou deux idées et un budget de 300 euros environ, vous obtiendrez votre propre châssis, plus les pièces de rechange ( de quoi faire deux protos ). Il sera à votre image, avec les caractéristiques qui vous conviennent.

Vous pourrez aussi passer par armattan productions mais il faudra leur fournir les plans et les côtes sous forme de fichier exploitable par leur découpeurs. Ils fourniront un rôle de conseil et se chargeront de la commercialisation. Ou garderont votre travail en mode privé. Je peux finir en vous disant que voler sur sa propre machine, c’est une belle aventure. Et avec Zuma, on a trop hâte ! On remercie d’ailleurs Thierry pour son aide et ses conseils.


3 comments on “Faire son propre racer : quand la théorie rencontre la pratique

  1. Mes châssis ont toujours été crée par moi: Je pique des pièces du commerce, j’en dessine d’autres, je fais fraiser et imprimer ce qu’il me faut, j’ai toujours été réticent à avoir ce que d’autres achètent sans se fatiguer, c’est pas une critique, c’est mon côté modéliste qui ne se trouve rassasier que s’il crée les choses de de toutes part.
    PS: bien sûr ce que ni mes doigts, ni mon intelligence ne peuvent concevoir je l’achète aussi, mais la personnalisation passe toujours par dessus …
    Seule regret : le prix des châssis a tellement chuté, que concevoir ses pièces carbone revient 20-30% plus cher que les équivalentes fabriquées en masse production.
    Mais le plaisir de concevoir et d’avoir SA machine n’a pas de prix non plus 🙂

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