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FeelObject Marie le nylon et le kevlar


Outre le fait que sur quasiment tous les quads brushed DIY on trouve des pièces imprimées, il y a déjà longtemps que les supports de caméra, protections moteurs et autres accessoires indispensables foisonnent sur les racers. Les matériaux et les imprimantes ont très rapidement évolué et le flex, une matière imprimable souple, est bien pratique pour plusieurs usages sur nos machines.

Les imprimeurs amateurs comme the 3Dbrain et Imagin’R et les boutiques de vente de pièces 3D sont très créatifs, il est difficile de dire le contraire. Mais si on pouvait aller plus loin ?  

Un pas vers la professionnalisation

FeelObject est une startup née en Juillet 2015 possédant non seulement un indéniable savoir faire mais les outils qui vont avec. Sylvain Huin, le responsable, est toujours à l’affût de nouvelle opportunités et de nouvelles expériences. Quand il rencontre les filles de Drones de dame à l’openlab et plus tard Marc de la Fédération Française de Drone, Futurapolis et la course de micro machines toulousaine ne sont pas si loin dans le temps. Sylvain propose son aide car l’Anisoptera, le châssis conçu par Kolergy au fablab de Toulouse est trop fragile. Car leurs imprimantes 3D ne sont pas aussi sophistiquées que celles de Feelobject qui dispose de connaissances et de matériaux prometteurs. Mais surtout, l’équipe professionnelle peut créer des composites grâce à des matériaux de qualité professionnelle et des imprimantes industrielles.

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La mark forged 2, l’entremettrice

C’est le meetic des filaments, le marieur des matières premières de qualité industrielle. Capable non seulement d’imprimer le PA6 chargé ( avec un pourcentage de fibres de carbone par exemple ), elle peut également imprimer des matériaux contenant des fibres longues. Les couples à base de nylon et de kevlar ou de fibres de carbone sont envisageables.

L’autre gros atout de cette superbe machine : elle possède une capacité de réitération irréprochable. Je m’explique, imaginez la chose suivante :

vous êtes un client

  1. Vous faites fabriquer par une entreprise une pièce de rechange de 6,05 x 5.34 x 8.36 millimètres pour un de vos équipements.
  2. Votre cahier des charges stipule qu’une zone rigide au centre et plus souple sur les côtés est nécessaire.

Et vous recevez un lot de 300 pièces dont certaines auront 0,56 mm de trop, d’autres 0,34 mm de moins. Certaines sont trop souples au centre ou trop rigides sur les côtés. C’est donc un lot inutile. Les outils de votre sous-traitant ne sont pas capables de fournir une qualité constante. Ou la matière première qu’il utilise est elle-même inégale.

Les imprimantes industrielles sont capable de délivrer une série égale de pièces. Et c’est l’arme qu’il faut pour éliminer

Le point faible des micro châssis imprimés

C’est à dire la résistance aux chocs. L’autre facteur important est évidemment le poids. Or, ces deux impératifs sont intimement liés. Le châssis doit être léger et robuste. Et c’est précisément ici qu’intervient Sylvain puisque leur imprimante industrielle est capable de répondre à cette double exigence. Comment ?

La jonction des bras, brisée nette

1-En variant la densité

Les jonctions des bras et du corps sont des parties qui doivent être le plus solide possible. Sans tomber dans l’excès de matériau, il faut les capture
renforcer. C’est le rôle de la mark forged 2. Elle peut imprimer des zones plus denses que d’autres. J’ignore si une imprimante 3D domestique possède cette fonction mais je ne pense pas.

Varier les densités est possible techniquement, bien qu’il faille des outils sophistiqués. Mais cela ne suffit pas car il faut savoir où injecter de la densité et où on peut se permettre d’économiser du matériau. Si en plus on utilise des composites, j’imagine que c’est encore un peu plus difficile.

2- En mariant les matériaux

Le nylon carbone et le nylon kevlar, ce sont les deux composites sur lesquels Sylvain et son équipe ont travaillé afin de répondre à une problématique de fragilité de l’Anisoptera.

Pour répondre à un problème de fragilité, nous avons collaboré avec le drone lab afin de leur apporter une solution sans augmenter le poids ( Nylon Kevlar). Sur l’Anisoptera créée par le fablab toulousain, nous travaillons sur la diminution du poids tout en gardant une excellente résistance aux chocs ( utilisation de l’ONYX –Nylon chargé carbone).

L’intérêt de travailler avec le drone Lab, c’ est que l’on peut échanger avec une équipe très expérimentée, passionnée, avec laquelle on peut tester rapidement et innover ( résistance, poids, aérodynamisme…).

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Voici deux photos des prototypes sur lesquels le DroneLab de Toulouse et feelobject ont collaboré :

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Nylon kevlar, le prototype

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Nylon carbone

Afficher l'image d'origineCe sont des premiers jets, le travail continue. La collaboration avec le drone lab et les filles de Drone de dames qui auront ces châssis à leur disposition permettra très certainement d’aboutir sur une version légère et solide de la libellule à quatre hélices : l’Anisoptera. On verra également participer des machines conventionnelles.

Les composites sont des matériaux pouvant apporter des doubles solutions à des problèmes comme une restriction de poids et un besoin de résistance combinés.

Rappelons que feelobject est une société spécialisée dans l’impression additive, c’est à dire qu’elle livre à ses client, outre les services de sfjconception et de fabrication, un produit fini, fonctionnel et durable. Cette phase de recherche et développement dont bénéficie les drones de dames est une occasion pour l’équipe de parfaire son expérience. Mais la startup travaille dans bien d’autres domaines tels que :

  • l’automobile
  • la robotique
  • les objets connectés
  • l’aéronautique
  • l’agroalimentaire

l’impression 3D et l’aide aux personnes en situation de handicap.

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Thibault, deux roues et trois moteurs. Il vole en tricoptère.

Airgonay avait eu il y a quelques mois la riche idée d’organiser handidrones. Dans le même esprit, l’impression 3D peut servir à aider.

Si certaines entreprises peinent à inclure les installations nécessaires aux bonnes conditions de travail des personnes en situation de handicap, c’est à cause des coûts. Il est plus avisé de créer des solutions abordables financièrement plutôt que de débloquer des fonds. Si en plus ces solutions sont aisément applicables aux postes de travail et à l’entreprise en général, les choses sont plus faciles. C’est pour cette raison que Feelobject vient de créer un pôle Innovation-handicap, auquel je suis particulièrement sensible. Peut-être savez-vous pourquoi.

On a déjà vu les imprimantes 3D utilisées pour créer des prothèses. Ici, il s’agit davantage de fabriquer des accessoires mêlant électronique et impression afin de faciliter la vie des personnes mal voyantes.

imprimer le futur

Les imprimantes 3D, leurs mises à jour régulières, leurs progrès et la simplicité grandissante des logiciels de telechargementconception nous conduira t’elle vers un futur où chaque foyer possédera son imprimante ? J’ai posé la question à Sylvain :

Je ne pense pas qu’un jour on trouve une imprimante dans chaque maison car les phases de conception sont une étape qui nécessite des compétences particulières. En revanche, je pense que les plateformes comme la notre ont un bel avenir.

Envoyer un fichier téléchargé sur Thingiverse sur une imprimante n’est pas suffisant. Il existe des intermédiaires indispensables. Quant à nous, nous désirons simplement nous trouver au plus près des gens. Afin de proposer un service de proximité. La personnalisation des objets, c’est l’avenir.

logo feelobject

FeelObject, cliquez pour découvrir

Conclusion

Cet article est avant tout destiné à vous faire découvrir que l’impression additive est en passe de proposer ses compétences au monde du multirotors. Qu’il s’agisse de cette startup ou d’une autre, il faudra à un moment que nous passions du semi pro au monde professionnel. Les boutiques comme the 3D Brain ont déjà beaucoup à proposer. Mais si le FPV Racing, les UAV et les aéronefs autopilotés continuent de se développer, il faudra bien passer à l’étape supérieure. C’est là qu’entreront en jeu les grands investisseurs. Pour l’instant, il est un peu tôt. Et nous conservons la maîtrise de notre passion. Choisissons bien nos partenaires, quitte à perdre un peu de temps.


6 comments on “FeelObject Marie le nylon et le kevlar

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    • Leconte

      Je rajoute à ça qu’il existe un organisme e-nable qui permet à toute personne d’imprimer des prothèses ( mains) pour les enfants gratuitement.

      L’organisme fournis la matière première l’imprimeur lui utilise sont temps libre pour la faire

  2. Tomx

    Bravo pour cet article. Effectivement le monde de l’impression3d évolue chaque jour, il est bon de voir qu’enfin de grosses structures s’intéressent aux soucis de résistance et surtout aux matériaux, car finalement, c’est bien là, le nerf de la guerre.

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