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Test du Zohd Nano, le talon d’Achille du FPV ?


Sur FPV passion, on a l’habitude de voir des tests de voilures tournantes. Aujourd’hui, bouleversons les mœurs avec le test d’une voilure fixe : celui du Zohd Nano Talon. Un avion avec empennage en V dédié à la pratique du FPV et d’une envergure de 80 cm. A noter que cette appareil nous a été donné par Hobygaga dans sa version à monter ( sans les composants ). Une version PNF agrémentée d’un contrôleur de vol est disponible.

Tour de la boîte : pas de notice

On pourrait s’attendre à trouver un carton plus épais afin de mieux protéger son contenu fragile. On ne compte plus les acheteurs d’ailes, d’avions ou de planeurs ayant reçu leur colis abîmé. Heureusement, ce ne fut pas le cas ici.

A l’intérieur, on trouve les ailes et les deux parties de l’empennage bien emballées ainsi que le corps de l’avion lui aussi intact à la réception. Le tout est accompagné d’une flopée d’accessoires pour le montage dont certains avec une fonction inconnue. Les ailes sont relativement bien calées dans l’emballage et une partie des pièces de fixation sont à l’intérieur de la baie, elle même fermée par un système de verrouillage.

Grande absente : la notice de montage. On va devoir se débrouiller… La première chose à faire est de sélectionner les composants, ce que vous aurez probablement déjà fait au moment de la livraison.

Choix du matériel : électronique et motorisation

Niveau équipement, on a vidé les tiroirs. On retrouve donc :

  • Des servomoteurs SG-90 Tower Pro ( non recommandés, pas ce qu’il y a de plus fiable )
  • Un ESC 30A DYS, sans BEC ( OPTO )
  • Un moteur Emax 2205 2600 kv
  • Une batterie 3S Turnigy de 2200mAh 20C
  • Un D4-RII repassé dans son mode par défaut pour l’occasion : PWM 4 voies ( sans le cavalier )
  • Une hélice 6040
  • Un bec 5V 6A de chez Pololu

Vous aurez remarqué que ces composants sont des restes de quadricoptères, ce qui n’est pas forcément le plus pratique notamment au niveau de l’ESC qui ne propose rien pour alimenter l’électronique. D’où la présence du BEC 5v qui alimentera le récepteur et la partie FPV.

Début du montage : l’électronique

Pour relier les différents éléments, j’ai utilisé du câble électrique de 4 mm² et 2,5 mm². Pour la suite, voici des photos :

Pour faire simple, j’ai relié la connectique femelle de la batterie et le bec ( placé dans l’emplacement dorsal ) directement sur l’ESC. J’ai soudé trois fils assez longs pour couvrir la distance entre l’ESC et le moteur puis j’ai placé le tout dans l’emplacement ventral de l’appareil. J’ai ensuite fait glisser les trois fils du moteur jusqu’à l’arrière du Zohd Talon où on trouve le passage pour les câbles moteurs. J’ai dû l’élargir ( au fer à souder ) car il est trop exigu d’origine ( Photo plus bas ). J’ai ensuite relié la sortie 5 volts du bec au récepteur.

Les servos

Première étape et première mauvaise nouvelle : l’installation des servos. Les palonniers fournis ne conviennent pas au SG-90. J’ai donc utilisé les palonniers fournis en ajustant la taille des trous à la fixation métallique pour la corde à piano de ceux du ZOHD.

Une fois l’opération effectuée sur les trois servos, je les ai installés à l’intérieur de l’appareil sans les coller afin de pouvoir les remplacer plus tard par des modèles plus performants et plus fiables.

Il ne reste plus qu’à relier et alimenter le tout afin que les servos soit au neutre, mais pour ce faire, plaçons d’abord le moteur.

Le moteur

Le trou était trop petit pour les 3 fils

Dans un premier temps on fixe le moteur sur son support. Si comme moi vous n’avez pas de chance, les fils sortiront de telle façon qu’on ne peut pas fixer le moteur et faire passer les câbles au même endroit. D’où cette petite modification sur la photo de droite.

Ensuite, on connecte chacun des fils de l’ESC au câble du moteur correspondant. Le tout doit être protégé par de la gaine thermo de préférence. si le moteur ne tourn”e pas dans le bon sens, prenez un hélice avec un pas opposé ou resoudez deux des trois fils à l’esc, peu importe lesquels.

Le tout s’insère à l’arrière de l’appareil et vient se fixer avec une vis que l’on installe entre les fixations des deux parties de l’empennage.

Nous avons monté un 2205 2600 kv bien loin du 1870 kv préconisé dans la version PNP. Mais soyons fous !

Les ailes

La fixation des ailes et de l’empennage est assez simple. Les premières viennent se clipser, le second tient grâce à des aimants ( les deux parties viennent se rejoindre au milieu et s’aimantent entre elles ). Mieux encore, on peut retirer toutes ces parties assez facilement pour le transport.

Un système de transmission mécanique basique relie les servos aux éléments mobiles qu’ils contrôlent et vient se placer tout seul lors à l’insertion des ailes.

Une fois que les ailes sont installées et que les servos sont bien au neutre ( alimentez l’appareil pour que ce soit le cas ), vous pouvez glisser les cordes à piano dans les parties métalliques fixées sur les palonniers. Ajustez les de façon à avoir les différents éléments mobiles bien positionnés.

Réglage radio

Possédant une Taranis X9D plus, ce qui suit pourrait ne pas s’appliquer à votre cas mais le principe reste le même peu importe votre radio. Si

vous possédez une TBS Tango ou une radio avec des profils prédéfinis, il peut suffire de sélectionner le bon modèle pour que les courses des servos soient réglées automatiquement.

Le début est plutôt simple, on ajoute un nouveau modèle, on sélectionne Vtail puis on connecte la batterie à l’avion ( ne mettez pas l’hélice ). On associe le récepteur, on vérifie que les actions que l’on effectue sur la radio sont répétées correctement sur l’avion. Sur ma 9XD, il a fallu inverser certaines voies ( expo -100 ) alors que sur la Tango tout était parfait grâce au profil Flying Wing. Vous pourriez penser qu’à ce moment la configuration est finie mais je vous le dis, ce n’est pas le cas. Ma Taranis est très gentille et mixe très bien profondeur et lacet. Trop bien peut-être car elle le fait jusqu’à partager la course des servos entre entre ces deux voies. Vous ne pouvez donc jamais avoir un servo allant à sa butée quand vous utilisez seulement la profondeur ou le lacet et c’est plutôt gênant. Heureusement, vous pouvez modifier dans le menu mixer.

Conception

L’avion, en plus de son système de fixation pratique des ailes, dispose de trois trappes :

  1. la trappe de la batterie, complètement à l’avant vient se verrouiller grâce à une clé en plastique
  2. la trappe dorsale verrouillée à la fois par un aimant et par la première trappe
  3. la trappe ventrale verrouillée seulement par un aimant

On retrouve une place assez conséquente dans toutes ces baies pour ajouter du matériel. Ainsi que sur la trappe avant qui acceuille les éléments de fixation des caméra et émetteur en dedans ou en dehors de l’habitacle.

Pour l’atterrissage un patin renforcé en plastique à l’arrière de l’appareil protège le Talon. Le ventre quant à lui ne dispose d’aucune protection.

L’envol

Premier vol, je vérifie que les servos font bien leur job. Mi-gaz à peine pour le lancement et … Boum ! Au tas directement ! Bon, on va vous épargner le reste mais j’ai raté plusieurs lancés et fini par fendiller le longeron en carbone d’une des ailes suite à une mauvaise réception. Un renforcement avec un jonc carbone de diamètre 2 mm et de l’époxy plus tard et je suis prêt à revoler.

Enfin presque car j’inverse encore une voie qui n’était pas correctement réglée ( j’avais pas vu ). J’ajuste correctement le Centre de Gravité qui était jusque là trop en avant ( merci les repères un peu trop cachés sous les ailes ).

Je tente à nouveau un décollage. Premier essai raté, pas facile de lancer un aussi gros coucou quand son avion habituel ne pèse que 40 grammes. Le ZOHD Nano fait environ 800 g. A noter que notre version volait avec une batterie de 2200mAh au lieu des 1800 max recommandés. Un peu trop d’embonpoint ?

Seconde tentative, je mets un peu plus de la moitié des gaz et je lance l’appareil légèrement incliné vers le haut. Surprise, il prend les airs et monte de plus en plus. Il est rapide ! J’entame un joli virage aux ailerons, l’avion en effectue sans problème la première moité. Mon virage est assez large bien que la profondeur soit au maximum mais l’appareil ne le terminera pas et décrochera ( du moins c’est ce que je pense). La chute est rapide, je ne peux rien faire. À ce moment là, j’ai encore la course de mes servos partagée équitablement pour chaque manche : l’appareil s’écrase violemment. Je suis une quiche ! Plus précisément, je n’ai pas volé depuis un bail et suis victime de mes erreurs.

Bobo !

Bilan des courses : atelier collage. Heureusement , la mousse ça pardonne beaucoup.

Réparations

Une fois le tout recollé, on remarque à peine que l’appareil a subi de gros dégâts. Seulement un élargissement de moins d’un centimètre sur la trappe batterie laisse entrevoir qu’il y a eu un problème.

Le crash était il évitable ? Oui et non. Si j’avais réalisé correctement la configuration, et réalisé mon premier virage à plat, oui. Idem si j’avais pris moins d’inclinaison et mis le régime moteur au maximum. Toutefois, une fois que l’appareil fonçait vers le sol, il était trop tard.

Notons s’il vous plait que mon autre avion, celui sur lequel je vole en temps normal, est un avion indoor de voltige animé par un moteur Chaoli. De 40 cm d’envergure et 40 g, doté d’un contrôleur de vol UMX de chez Horizon hobby je suis plus à l’aise avec et mieux habitué. Il est vrai que je ne suis sans doute pas le pilote le plus chevronné que vous croiserez…

Le ZOHD Talon FPV, pour qui ?

Je ne recommande pas cet appareil au débutant dans la configuration testée, je n’ai pas d’opinion sur la version avec son contrôleur de vol mais dans tous les cas je ne pense pas que ce soit un bon avion de débutant. Surtout quand le marché regorge d’avions prévus justement pour débuter.

Pour le reste, c’est un avion robuste et bien conçu. Le comportement en vol, sur le peu de temps qu’il a volé, ne m’a pas choqué. Les ailerons répondent très bien et la profondeur et le lacet surement aussi bien pour peu qu’on les règle correctempent.

LOS vs FPV ?

On a préféré avancer pas à pas et une seconde partie de ce test arrivera. Elle vous permettra de vous faire un avis propre. Cependant, je peux vous dire que l’appareil embarque une encoche pour une caméra légèrement inclinée vers le bas, une autre pour un émetteur radio sous l’emplacement de la batterie ( assez mal placée d’ailleurs ) et des accessoires pour fixer une caméra de courtoisie ( pour enregistrer vos vols ).

J’ai assez d’expérience pour souligner les points forts et les faiblesses du Nano Talon. et je pense ceci : le prix est attractif et ZOHD est une marque avec assez de savoir faire pour envisager un achat si vous avez un niveau de pilote confirmé.

Geoffroy

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